Netflix and Chill

Toute chose dans ce monde commence par un questionnement : pourquoi ceci au lieu de cela, la façon dont elle devrait se réaliser — de la conception à la naissance, comme un bébé —, et comment  elle devrait se terminer : « Doit-on débrancher la machine ou la laisser aller éternellement jusqu’à la fin? Mais quelle fin? ». C’est, la question qui tue et que nous nous posons sans cesse, inconsciemment. C’est dur à dire, mais toute chose doit commencer par un essai et comporter des erreurs et seuls nous-mêmes savons où nous voulons aller. Peut-être pas toi, mais « l’autre toi » le sait. On a tous une deuxième voix qui nous tourmente l’esprit 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7; cette voix qui se met dans notre chemin, cette voix qui nous crée des obstacles… D’où vient-elle? C’est à ce moment que nous nous demandons « Est-ce que ces obstacles créés par mon moi intérieur ne sont rien d’autre que des objectifs purement imaginaires qui me rendraient plus fort si je les franchissais? Ou est-ce que ce stress non constructif créé inutilement par mon cerveau (parce qu’il n’a rien de mieux à faire) me cause toute cette insécurité? » Question après question, après encore d’autres questions, ça ne se terminera jamais. « Comment dois-je me présenter à ma première date? » « Quels sous-vêtements devrais-je mettre? » « Est-ce que le tapis doit s’agencer aux rideaux? » « Où dois-je aller pour mon premier rendez-vous? » « Que faire si la personne ne m’aime pas comme je suis? »

En temps normal, tu es confiant, mais pour une raison ou une autre, il y a un malaise. Te voilà prêt depuis 8 heures le matin, habillé en veston cravate, attendant impatiemment sur le sofa comme un chien fidèle qui attend son maître pour jouer à la balle, mais ton rendez-vous n’est qu’à 21 heures. T’as pratiquement rien mangé — à peine as-tu rongé tes sangs à satiété — et tu brûles des calories à t’inquiéter  inutilement en te posant des questions depuis le début. Voilà, tu viens de réaliser combien on peut manquer de confiance en soi même si on veut se faire croire le contraire. Au fond de nous, on a tous cette voix gossante. Donc que fais-tu pour déstresser? Tu t’en vas caler un café? Tu ne peux pas, car tu t’en vas au Starbucks avec ta date. Tu commences par manger un grilled cheese? Absolument pas, tu t’en vas manger un morceau avec ta date. Tu t’en vas faire une marche? Vraiment pas, car tu t’en vas faire exactement ça avec ta date. Tu te fais une autosession de plaisir charnel? Tu me niaises-tu? J’espère que ton tapis ne jure pas  avec tes rideaux. Ne gaspille pas ton énergie inutilement, parce que qui sait, peut-être que pendant votre rendez-vous romantique elle décidera de t’inviter à faire une soirée Netflix and Chill et tu n’auras plus rien à lui offrir? Ah, je sais! Tu pourrais lui écrire un poème! Fais gaffe. Molière maniait habilement l’alexandrin, mais toi, tu ne manies que les onomatopées et les binettes. Oublie ça. Alors, que faire? Tu t’en vas te coucher? Absolument ! Retourne te coucher et réfléchis à tout ce stress inutile. Ton cerveau travaille quand tu dors alors nourris-le et laisse-le aller. Pourquoi es-tu stressé anyway? Si cette personne te fait peur même avant d’avoir tenté quelque chose avec elle, tu auras peur toute ta vie. Il est important, malgré tout, de ne jamais baisser les bras, parce que sinon, la vie va te coller une gauche dans la face. Il vaut mieux anticiper les coups durs que d’être obligé de contre-attaquer.

C’est facile maintenant, tu n’as qu’à installer l’application Tinder, ajouter une photo et une bio banale et glisser vers la droite toute ta vie pour te rendre compte, au final, que tout ce jeu n’est rien d’autre qu’une compétition sans fin avec… toi-même. Au lieu de te tourner les pouces toute la journée, poursuis tes rêves, lève-toi le matin avec un but dans la tête au lieu de rester dans un coma à te demander si tu ne devrais pas débrancher la machine ou la laisser aller éternellement. Imagine nos ancêtres en ce moment qui nous disent :

« Dans notre temps, on n’avait pas Nintendo pour faire des dates, on allait chasser le bœuf pour faire vivre notre famille pis on rencontrait une femme guerrière amazonienne dans les champs vêtue de poil d’ours, couverte de sang de la proie qu’elle vient de tuer. On n’était pas en train de faire des bouches de cul-de-poule, comme si on était en train de manquer d’air, avec des leggings serrés pour montrer avec fierté nos courbes et pour faire voir que nous somme allé au gym. »

Hey, Poncasse! On est en 2016, on a tous rendu l’âme aux raccourcis qui mènent ce monde maintenant. Tinder is the way to go. Netflix and Chill is the thing to do. Mettre nos photos de notre bouffe sur Instagram pour que les affamés démunis de ce monde puissent liker notre photo, c’est rendu notre style, ti-casse. Te rends-tu compte qu’on a merdé dans plusieurs domaines dans notre génération? Des fois, j’arrête tout ce que je fais et je réalise que je vis dans une boussole qui a perdu son nord et que l’aiguille capote dans tous les sens. Une vraie roue à hamster. Je me dis que je ne suis certainement pas le seul à penser ça. Nous sommes sept milliards sur la Terre, alors même si on dit que chaque personne est unique, certainement que quelqu’un, quelque part, nous ressemble, peut-être même  à 99 %. Donc, j’arrête tout ce que je fais et je me dis souvent « Merde! On est tous en train de vivre pour être son propre esclave! » Tu sais comme moi que  les singes n’ont rien à branler de l’argent, de la société, des lois, des règles, des patrons, des ordinateurs, des iPhones, pis des chars. Dans leur jungle comme dans la nôtre, on vit et on survit à notre façon. Leur salaire, comme le nôtre, c’est ce qu’on récolte par l’effort : pour eux, c’est un territoire, des femelles et de la bouffe. Et un mâle alpha qui supervise tout ça. Pour l’homo sapiens que tu es, sa conquête c’est un territoire, des femmes et de la bouffe. Et un patron qui te pourrit l’existence.  D’accord, entre primates, on se ressemble. Je trouve que leur réalité est quand même plus intéressante que la nôtre, celle où le monde prétentieux s’habille pour flasher avec du Lacoste, du Gucci, du MK et se vante d’avoir 100 000 followers sur Instagram. Souvent je me demande si ces 100 000 suiveux ne sont pas des moutons qui suivent quelqu’un parce que « tout le monde le fait ». Des fois, je regarde mon Chat Sale et je me dis : « J’aimerais ben ça être un chat pour 24 heures, n’avoir aucun stress, dormir et jouer toute la journée, ne pas me lever à 6 h 30 chaque matin pour me faire chialer dessus par mon boss — celui qui porte du Hugo Boss, qui est meilleur que moi, qui me regarde de haut et qui me considère comme  son esclave de bureau. » En passant, se lever aussi tôt devrait être illégal. Ça suffit, toutes ces questions. On survit et on tourne la page.

Celui qui dit, celui qui l’est

Avez-vous déjà entendu l’expression “celui qui le dit, c’est lui qui l’est”? Ça ne m’étonnerait pas puisque c’est l’un des enseignements de ruelle de notre enfance. Si on dit à quelqu’un “T’es cave”, est-ce que cela fait de nous un cave? Selon la règle, oui. Tôt dans la vie, on apprend à se trouver meilleur que l’autre et à lui crier des bêtises. Ça nous rassure. On devient le meilleur. Puis, la mère du voisin nous attrape pour avoir fait brailler son jeune et nous serre les ouïes. On rentre chez soi honteux et comme si ce n’était pas assez, voilà la mère qui nous attend, les bras croisés, pour nous ramener chez le voisin et nous forcer à nous excuser. Je dis “nous”, mais tu peux aussi bien être seul. En réalité, quand tu fais un mauvais coup, tes chums se sauvent pour ne pas être associés à tes niaiseries. Un pour tous et un tout seul.

Quand tu rabaisses un moins solide que toi, qu’est-ce que ça dit sur toi? Tu ne t’élèves pas au rang des meilleurs. Tu restes où tu es et c’est l’autre qui descend. Je ne te juge pas. Je t’observe. J’attends de voir quelle tête tu auras lorsque celui que tu auras traité de “gros épais” devant tout le monde à l’école se relèvera de sa position fœtale de petite créature blessée et viendra te confronter après avoir consulté un psychologue ou deux. Roulé en boule dans un coin, il t’aura évité, le temps de se bâtir une carapace et viendra te traiter de “gros épais” devant ta gang de durs à cuire. Celui qui le dit, c’est lui qui l’est!

Je crois que tu as du potentiel, mais tu l’utilises mal depuis que tu es petit. Et tes parents se sont tannés de te chicaner et de t’envoyer t’excuser. Dommage. Les mauvais plis vont peut-être rester.

Tu sais, le jeune, je pense que tu vois le reflet de tes propres défauts chez l’autre et ça t’énerve tellement que pour te débarrasser de tes problèmes tu voudrais les balayer d’une bonne claque en pleine face. Sauf que la claque, c’est à toi que tu devrais la donner. Pour t’ouvrir les yeux et corriger tes défauts. Toi aussi tu peux te dire “Je suis capable, je suis bon, je n’ai pas peur.” Voilà, tu l’as dit, maintenant tu l’es déjà à moitié. Aussi simple que ça. Je t’entends me dire “Mais, Dôvid, ce n’est pas aussi simple que ça.” Je vais te dire, moi, ce qui est compliqué : c’est de piler sur ton orgueil, te respecter toi-même et de tendre la main à ton voisin. T’es capable, t’es bon, et commettre des petits délits ça peut gâcher le reste de ta vie.

On dit que la violence blesse beaucoup plus l’esprit que le corps; le corps guérit, mais l’esprit souffre longtemps. À force d’exercice mental, on peut finir par te pardonner tes écarts, mais jamais tu ne seras oublié. Tu ne veux pas ça, le jeune. Parce que dès que tu sortiras de sous la jupe de ta mère, tu deviendras un vrai citoyen et tes niaiseries, c’est la justice qui va te les faire payer. Tu n’as qu’une vie toi aussi. Lève la tête et sois fier d’en avoir une. Est-elle bien vissée sur tes épaules? Demain c’est un autre jour. Ne répète pas les mêmes erreurs qu’hier. Sors en plein jour et regarde les gens dans les yeux. Si tu ne lis pas la peur dans leurs yeux, tu auras fait un grand pas. Je te vois confiant, ne lâche pas. À mesure que tu gagneras de la confiance, tu feras attention de ne pas trop faire ton frais. La “fraîcheur”, chez un individu, a une date de péremption. Ne te fais pas d’illusion toutefois : tu ne deviens pas un saint du jour au lendemain. Lorsque ta nouvelle et respectable personne entendra dans l’autobus “Hé, le cave, tasse-toé!”, tes poings vont se serrer, tes mâchoires vont se figer et tes yeux vont sortir de ta tête. Je te dis que l’esprit n’oublie pas facilement. Garde les mains dans tes poches et respire par le nez. Celui qui le dit, c’est lui qui l’est, tu t’en souviens? Le gars n’a rien contre toi. Il est comme toi avant. Il cale les autres pour se montrer meilleur et obtenir ce qu’il veut par l’intimidation. Éloigne-toi avec dignité. Ne le regarde pas dans les yeux. S’il voit ses défauts en toi, il va frapper. C’est une autre leçon que je te donne : on ne regarde pas un ours dans les yeux, car ça le provoque. La meilleure tactique c’est de regarder au plafond en sifflant comme si tout allait bien et tu t’en vas l-e-n-t-e-m-e-n-t. Tu es passé par où ce gars est resté coincé. Tu as évolué et tu ne veux pas retourner à tes anciens comportements. Tu ne veux pas avoir ta face au téléjournal de fin de soirée.

Moi aussi je me suis souvent demandé pourquoi il fallait suivre des lois. Je parlais des primates dans le blogue précédent. Oui, ils s’en foutent et cela ne changera pas, mais pour nous… Ça ne changera pas non plus parce que des lois, on va en suivre toute notre vie. Parce que. C’est comme ça. Penses-y un peu. Ça prend juste une bande de jeunes voyous comme la tienne, autrefois, et pour chaque nouvelle idiotie que vous faisiez, une nouvelle loi voyait le jour pour vous empêcher de recommencer. Sans loi, c’est la jungle. Tu as quand même contribué à quelque chose de bien. Le concept de justice n’aurait peut-être pas existé sans la criminalité. Sans le savoir, tu avais déjà commencé à faire un monde meilleur dès l’école primaire avec tes insultes et tes poings. Et ce sont parfois des gens comme ton petit voisin, roulé en boule dans un coin, terrorisé par ta seule présence, qui font les lois parce qu’ils savent de quoi tu es capable.

Ça te met un sourire en coin, n’est-ce pas? Un sourire fait travailler 17 muscles de ton visage alors qu’un visage crispé pour vociférer des injures exige la contraction de 43 muscles. Repose-toi donc et garde le sourire! Tu sais qu’à une étape de ton évolution, c’est par ton sourire que tu attireras la femme de ta vie. Absolument! Dans ses yeux, tu verras tout le bien qu’elle pense de toi. Tu verras un ciel sans nuage. Elle voudra tout savoir de toi et toi d’elle. Ne lui raconte pas ta vie en un seul soir au risque de la voir déguerpir. Tu as mis longtemps à devenir quelqu’un de bien; de même, prends ton temps à lui donner certains détails de ton passé troublé. Tu accepteras sans juger et tu apprendras à communiquer d’une façon que tu n’aurais jamais imaginée, avec des mots doux, de ta voix la plus mielleuse. Le plus grand défi de ta vie est là, devant toi : une femme à aimer, des parents qui t’appellent pour te dire qu’ils t’aiment et qu’ils sont fiers de ton cheminement, des collègues qui t’admirent parce que tu es un rescapé des ruelles; bref un primate qui est descendu de sa branche et qui marche bien droit, la tête haute, dans la ville. Je sais, tu n’as pas souvent reçu de compliments et tu te sens mal. Accepte tous les compliments, car tu en as cruellement manqué.

Quand tu feras une marche avec ta femme, poussant un jeune enfant dans une poussette, le bonheur dans les yeux, je serai là, bien discret, à t’observer comme je le fais depuis des années. Je te regarderai passer avec ta petite famille; je t’entendrai inculquer de bons principes à ton fils; je te verrai séparer des jeunes qui se bagarrent; je te verrai donner une pièce à un sans-abri, je te verrai faire un don contre l’intimidation et surtout, je te verrai heureux. Avant de rentrer chez moi, je t’enverrai la main au loin. Tu mettras tes mains en porte-voix et tu me crieras : “Hé, Dôvid! Merci pour tout! Tu es extraordinaire!” Et moi, je te répondrai : “Celui qui le dit, c’est lui qui l’est!”

Esprit de l’escalier

Salut, le jeune! Je te sors de ton monde virtuel pour te faire causette dans le merveilleux monde du réel. Je veux te parler de l’esprit de l’escalier. Tu te demandes de quoi il s’agit, n’est-ce pas? Toi qui es mordu des films d’horreur, tu penses sans doute qu’il y a des esprits dans l’escalier de la cave et ce soir, tu auras peur en descendant. Détends-toi, c’est autre chose dont je veux te parler. L’esprit de l’escalier, c’est un concept que je te décrirais comme lorsque quelqu’un te dit quelque chose de défavorable, par exemple, tu ne sais pas quoi répondre pour te sortir de ta mauvaise posture et quand le moment fatidique est passé et que tu as eu l’air con, tu te dis: « J’aurais dû dire ceci ou cela. » C’est l’esprit dans le sens de… sens. Et pourquoi l’escalier? Imagine-toi sur un petit podium à l’école. Tu finis de faire ton exposé oral et pour tester si tu connais bien ta matière, le prof et les élèves te posent des questions. Tu balbuties des éléments de réponse, tu tricotes autour du sujet et tu voudrais disparaître sous le tapis parce que tout sort tout croche ou tu as oublié ce que tu voulais dire. Honteux, les joues rouges, tu descends de ton podium et c’est seulement à ce moment que toutes les réponses te reviennent en mémoire et tu aurais pu livrer la performance de ta vie… mais il est trop tard et tu n’as pas une deuxième chance de faire bonne impression.

C’est complètement débiné que tu sors ensuite pour la récré. Ton exposé oral, c’était un flop. Voilà que s’amènent trois gros imbéciles qui se moquent de toi et t’insultent en te bousculant. Sur le coup, tu ripostes, tu lances des injures, mais ça les fait rire. Ils t’écrasent en ricanant et par malheur, tu sais que ce n’est qu’une fois qu’ils seront partis que tu sauras quoi leur dire. Et là, je t’assure, ça ne sert à rien de crier « Celui qui le dit, c’est lui qui l’est! » On a passé ce niveau-là. Attends que la gang reparte et tu retrouveras tes moyens. Lorsque tu auras trouvé la réplique qui frappe, écris-la donc pour éviter de l’oublier et répète-la devant ton miroir chez toi. Il y aura peut-être une deuxième fois; il faudra être prêt à contre-attaquer.

Pourquoi est-ce que ton cerveau gèle comme ça? Pourquoi l’esprit de l’escalier te jette-t-il un mauvais sort? C’est parce que tu étais dans ta zone de confort et que tu ne te méfiais pas des personnes qui t’entouraient. Tu n’es pas habitué à sortir de ton monde virtuel. Les attaques verbales ont eu sur toi l’effet d’une douche glacée. Je ne te juge pas, mais si tu ne réchauffes pas assez ton cerveau, il va tomber en état de dormance. En hibernation. Et l’hiver est long chez nous. Il va perdre des voyelles en cours de route et tu ne pourras que balbutier des consonnes. Tu remarqueras que de nombreuses onomatopées que tu utilises n’ont pas de voyelle. Il fait froid : brrr! Je suis fâché : grrr! Je me sens bien, je ronronne : krrr, krrr, krrr! Tais-toi : chhht! C’est bon : hmmm! Relis les messages que tu écris dans ton monde virtuel… ça ressemble à ça. Une espèce de langue chiffrée, inconnue de tes ascendants et de tes aïeux. Les jeunes ne se parlent plus; ils ânonnent, psalmodient et baragouinent. Sais-tu ce que veulent dire ces mots? Cherche-les dans le dictionnaire.

Bref, mon jeune ami, si tu trouves que tu as un cerveau lent qui ne fonctionne que par temps de grands vents (tiens, toi!) et à retardement, c’est que tu ne lis pas assez. Tu dois faire le plein de vocabulaire et connaître ton ennemi pour le vaincre intelligemment, par des mots. Et non, Facebook ce n’est pas de la lecture. Visualise ce qui peut t’arriver dans la vie et prépare-toi. Regarde les gens autour de toi dans la vie réelle. Les bons sont bons, mais les méchants peuvent être très méchants. Et te suivre jusque chez toi. Que feras-tu si ça arrive? Tu ne peux pas simplement te déconnecter de ta session de clavardage. Ils sont là, devant toi! Je ne te souhaite rien de tel, mais un jour de détresse, tu devras raconter tes malheurs à des gens, des intervenants. Il te faudra te faire comprendre et exprimer tout ce que tu ressens, là, au moment où ils seront là pour t’écouter. Ce n’est pas rendu chez toi que tu pourras te dire « Ah! Oui! Je voulais vous dire ceci et cela. » Apprends à connaître tes besoins et à orienter ton état d’esprit vers les solutions. C’est un art à la portée de tous, mais tu pourrais avoir besoin d’un mentor personnel ou de séances de relation d’aide. Fonce, tu en vaux la peine!

Mobidépendance

« Oups! S’cuse. » « Excusez-moi. » « Oh! Je ne t’avais pas vu! »

Eh! Oui, toi, le cyberjeune, rejeton de la génération Z, issu de parents de générations X et Y, c’est à toi que je m’adresse! Toi qui es né à l’ère de la technologie intelligente dont tu ne peux plus te passer, relève la tête et regarde où tu vas au lieu de déambuler en regardant constamment ton téléphone, marchant avec le menton appuyé sur ton sternum et textant tes états d’âme à toute la planète. Tu ignores ce qu’est la mobidépendance, n’est-ce pas? Ne te donne pas la peine de chercher, je t’en livre la définition d’Antidote : « Dépendance psychologique créée chez une personne par l’utilisation excessive de son téléphone mobile et caractérisée par un état de manque ou d’anxiété quand elle en est privée. » En plus, tu enfreins la loi quand tu textes en te déplaçant à pied sur la voie publique, dixit la Société d’assurance automobile du Québec. Je devrais créer des voies bidirectionnelles en retrait des trottoirs pour les piétons qui textent en marchant et qui risquent de se rentrer dedans comme des poules sans tête.

La mobidépendance rend doublement malade : sur le plan psychologique, bien sûr, mais aussi sur le plan physique. Tu sais, c’est avec ta génération qu’est arrivé le syndrome du texteur — cou recourbé, douleur au cou, aux épaules, aux bras, à la tête et aux poignets —, et c’est sans compter les accidents de la route, encore trop nombreux. Bien sûr, nos ancêtres, les primates, avaient le dos et le cou courbés, mais tu n’es pas fait pour ça, toi. Et puis ce doit être stressant d’avoir peur de perdre sa vie entière qui repose en paix dans une petite boîte munie d’un écran. Est-ce que tu mourrais si tu appuyais sur Supprimer? J’en doute.

Sais-tu ce que nos ancêtres faisaient pour communiquer entre eux? Je ne te parle pas de tes arrières-grands-parents qui s’envoyaient des lettres par la poste. C’est bien avant eux. À l’époque où les gens n’avaient que du papier, des crayons et leurs jambes, c’est un messager qui courait pour livrer le courrier d’un village à l’autre. Il pouvait courir des kilomètres simplement pour aller livrer au roi un bout de papier portant le message « lol : P ». Pour cette livraison, le messager avait dû parcourir des kilomètres et rencontré des loups et des mercenaires qui voulaient sa peau. Toi qui te confines à ta chambre, qui mange mal, qui ne voit et n’entends plus quoi que ce soit, et qui procrastines dans le monde réel pour être plus performant dans le monde virtuel… tu es en train de préparer ton lit de mort.

Il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur et mettre fin à la mobidépendance. Tu peux consulter un psychologue, un vrai. S’il est dans ton téléphone mobile, ce n’est pas un vrai. Tes amis, les vrais, préfèrent ta présence à tes baragouinages sur Facebook. Tes parents préfèrent te serrer dans leurs bras plutôt que de t’envoyer des binettes. Tes camarades de classe et tes professeurs préfèrent te voir participer plutôt que de regarder tristement ta coquille vide, figée dans un autre monde.

As-tu remarqué combien la vie est un cercle vicieux? Un peu comme ce blogue, rappelle-toi. Un jour, on attend la technologie de pointe pour agrémenter notre vie et un autre jour, on l’éliminerait pour rehausser notre qualité de vie. Et toi, si tu gardes le dos courbé, la tête baissée et les doigts qui font de l’arthrite, tu t’apercevras que ta morphologie prend des allures de primate ou de créatures inférieures trop peureuses pour sortir de leur trou, trop stressées pour affronter leurs congénères et trop pleines de questionnement pour comprendre leur propre vie. Finalement, tu finiras par te rendre compte que tu es bien mieux de rester chez toi en faisant un Netflix and Chill. Nous revenons à la case de départ.

Rien ne se perd, tout est temporaire

Un canard en plastique, au milieu de l’océan, ne sait pas vers où il s’aligne. Il ne sait même pas ce qui se passe dans sa vie. Il navigue les vagues en espérant de s’accrocher à quelque chose afin de se démerder. Pourquoi? Pour pouvoir survivre ce monde compétitif et parfois cruel. Il survole les espèces marines qui se trouvent en dessous de lui en se demandant quelle est sa destination. Tout comme la génération Z, vous ne savez pas par où commencer et vers où vous vous aligniez et, en fin de compte, dans quoi vous vous embarquez. Je ne vous blâme pas, car la génération X, ma génération, ne savons pas plus si ce que nous faisons est la bonne chose pour l’avenir.

Nous faisons seulement notre possible, parce que le mieux qu’on puisse faire c’est de faire notre mieux, peu importe ce que cela implique pour nous. Nous ne savons pas plus que vous de ce que nous faisons. Nous pouvons dire que nous sommes dans le même bateau que vous, mais nous sommes des navigateurs typiquement différents à notre façon tout comme vous l’être à votre façon. La seule différence c’est, qu’en tant que navigateur de cette génération, nous créons un chemin pour vous pour que vous nous suiviez. Lorsque nous allons dépérir, vous allez prendre les commandes. De toute façon, rien n’est certain.

Ce qui est certain, cependant, c’est ce qu’Antoine-Laurent de Lavoisier du Gérondif avait mentionné il y a plus de deux cent vingt-six ans : « Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme ». Ce que je dis c’est : « Malgré qu’il n’y ait rien qui se perd, que rien ne se crée et que tout se transforme, eh bien tout est temporaire, logiquement ». Il est inévitable tu rencontreras des obstacles dans ta vie et qu’il va y avoir des évènements que, selon toi, vont être la fin du monde. Sachant ça, alors pourquoi ne pas vivre ta vie sur tes propres termes? Miser le tout pour le tout? Faire tapis? Vivre ta vie à cent-mille à l’heure? De toute façon, rien ne se perd et tout est temporaire.

Ce n’est que lorsque tu vas réaliser que tout est sous ton contrôle et que tu es responsable de TOUT ce qui se passe autour de toi que tu vas enfin comprendre que tu as le super pouvoir de transformer ta vie et changer comment tu perçois les choses à travers d’un autre oeil, d’une perspective différente. Par exemple : ce n’est pas de ta faute s’il y a quelqu’un qui ait accidenté ta voiture, mais c’est ta responsabilité, par contre, de la façon que tu vas choisir de gérer cette situation. La rage et la haine sont des émotions normales d’un être humain. Là n’est pas le problème. Le problème est que tu aies choisi de défigurer l’autre personne causée par ta rage. Un autre exemple? Parfait : ce n’est pas de ta faute qu’un de tes proches s’est suicidé ou est décédé par un cancer, par un accident de voiture ou par simple vieillesse, mais c’est ta responsabilité, par contre, comment tu veux et comment tu vas gérer ces situations.

Voilà, tu as maintenant compris que rien ne se crée, que rien ne se perd et que tout est temporaire. Ce n’est que le début. Je n’ai même pas encore commencé à parler de ce qui se cache sous l’iceberg, car ceci est pour un autre chapitre.

Libertin

Nous voilà encore, cher ami. Un nouvel article, et donc un nouveau chapitre dans ta vie. Félicitations d’être parmi nous après tout ce temps.

Tu vas t’apercevoir qu’un jour, ce sera le plaisir charnel qui va te manquer dans ta vie, mais ne t’inquiète pas avec ça et surtout ne te perds pas dans cette quête. L’important c’est de rester toi-même et de rester authentique envers toi-même parce que ce n’est pas les « pickup lines » qui vont te sauver la peau; c’est toi et uniquement toi qui va pouvoir te guider dans cette aventure.

La société moderne a fait en sorte que tu dois absolument être avec quelqu’un et non ne pas être seul et elle t’ordonne aussi de savoir ce que tu veux. Elle dicte que tu dois, au plus sacrant, fonder ta propre petite famille et c’est quasiment un péché d’être seul dans un party de Noël. Je vais te dire quelque chose, petite créature libertine de ce monde : tout ça n’est qu’un coup de « marketing social ». Tu n’as rien à prouver à qui que ce soit, mais à part toi et à toi seul.

À savoir : Il y aura toujours quelqu’un pour matcher ta personne et qui répondra à tes désirs et vice-versa. Alors, pourquoi t’apprêter soudainement à rester avec quelqu’un toute ta vie, sur un coup de tête, sachant que cette personne n’est pas la bonne pour toi? Parce que tu crains d’être seul? Parce que tu es si en manque de ce plaisir charnel? Parce que tu trouves que son corps est très sexy malgré que sa personnalité soit frivole et superficielle? Parce que… tu es seul au party de Noël alors que toute ta famille a un compagnon qui va durer toute leur vie? Non… tu es seul parce que tu sais, au plus creux de ton esprit, que tu vas trouver la bonne personne au temps opportun.

Donc, que fais-tu en attendant? Tu t’amuses. Tu explores la vie et tu t’en sacres d’être seul. Pourquoi? Parce que tu considères que tu es encore bien trop jeune, dans ta vingtaine, pour être avec la même personne pendant soixante-dix ans. Tu as le devoir de faire une auto-analyse de ta personne, de tes désirs, de ta vie utopique et finalement de tes objectifs de la vie. Tu vas vite t’apercevoir que ta vie n’est pas si catastrophique que ça. Il ne suffit que d’assumer qui tu es, ce que tu veux dans ta vie et quels sont tes désirs. On s’en criss de ce que les autres pensent de toi, parce que peu importe ce qu’ils pensent de toi, ils ont tort. Ils ne savent pas que tu es une personne avec une tête forte qui ne fait que nager sans arrêt dans cet océan compliqué que nous considérons « la vie ».

Je te promets que les extraterrestres nous regardent de haut en ce moment et qu’ils sont gênés à notre égard et qu’ils rient de nous à cause du fait que l’on se met trop de stress et de pression pour rien. Tu te mets beaucoup trop de pression sur toi pour rien et tu te fais des soucis pour rien.

 

…C’est bien beau tous ces mots susmentionnés, mais tu vas réaliser aussi que le jour où tu vas croiser une personne, que ce soit en vrai ou dans une plateforme superficielle créée par et pour la Génération Z et les Milléniaux, une plateforme où tu peux « glisser dans les DMs » de quiconque, une personne qui sera tellement gentille, qui va te faire à souper, qui va s’efforcer de rire à tes jokes plates, que surement son chat te collera sans fin, que cette personne écoutera ton côté noir ainsi que les mots sales que tu te dis envers toi-même parce que tu veux te mettre des bâtons dans les roues pour but de te faire moins mal à long terme, qui va aussi comprendre ta personnalité si compliquée, mais que surtout… tu ne t’attendais pas de la croiser… tu vas réaliser que ce sera le jour où tu vas essayer de te battre pour pouvoir goûter, toi aussi, à cette belle fin, parce que même si tu es un peu brisé, toi aussi tu y as le droit au luxe de passer une partie de ta vie avec cette personne si précieuse qui te comprendra. Une personne qui te chantera des mots si doux que tu croyais que ce n’étaient que des menaces, parce que tu as été si habitué à vivre seul avec ton quasi-problème de stress post-traumatique d’avoir été blessé jour après jour.

Dis-moi comment ça l’a été avec cette personne, ti-casse, et on en rira, on en pleurera et on s’en jasera davantage à ce moment-là, autour d’une bonne bouteille de Whisky, afin que l’on puisse « brainstormé » sur un autre chapitre à rédiger.